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COMMÉMORATION DE LA LIBÉRATION DU CAMP D'AUSCHWITZ ET DE TOUS LES GÉNOCIDES DU 20e SIÈCLES

Publié le sur les Chroniques de Rivka

 

Aujourd'hui, dimanche 27 janvier est celui choisi pour commémorer la libération du camp d'Auschwitz par l'armée rouge ( ainsi que les génocides arménien, rwandais, cambodgien et des musulmans bosniaques) et pour ce fait, le journal le Figaro, dans un article signé par Camille Lestienne, a choisi de se souvenir de la façon dont le journal a, à l'époque, fait part à ses lecteurs des camps de la mort.

Le moins qu'on puisse dire c'est que les lecteurs du Figaro de janvier 1945 ont été aussi mal et peu informés que les lecteurs du figaro d'aujourd'hui.

A l'époque, la réalité de l'horreur découverte a été passée sous silence.

Aujourd'hui,  en ce jour de mémoire et alors que l'antisémitisme explose dans notre pays ( comme dans beaucoup) l'article publié par le Figaro  a réussi l'exploit de taire la monstruosité de la solution finale, enfant effroyable de l'antisémitisme, et de  ne prononcer le mot " juif" qu'une seule fois, par hasard, pour dire que le Figaro du début de l'année 1945 comptabilisait les Juifs parmi les déportés politiques. 

Rien n'a donc changé. L'antisémitisme d'aujourd'hui  et ses conséquences souvent mortelles sont cachés comme ils ont été cachés en 1945.

 

1945 : Le Figaro découvre les camps de concentration nazis

1945 : Le Figaro découvre les camps de concentration nazis
 

LES ARCHIVES DU FIGARO - Les premiers témoignages sur les camps nazis dans la presse écrite française ne datent pas de la libération d'Auschwitz, le 27 janvier 1945, par les troupes soviétiques, mais du mois d'avril, quand les Alliés découvrent à leur tour l'horreur concentrationnaire.

«Moscou, 6 fév.- L'agence Tass annonce la libération par l'armée rouge de 4.000 déportés politiques français, belges et hollandais détenus par les Allemands dans le camp de concentration d'Oswiecim. (AFP)» C'est par cette seule dépêche parue dans l'édition du 7 février que Le Figaro annonce la libération du camp d'Auschwitz. La presse dans son ensemble reste muette sur cet événement qui semble a posteriori un moment clé de l'Histoire. La raison est simple: l'armée russe, qui a libéré le camp presque par hasard, ne médiatise pas sa découverte. Les images, en partie reconstituées de la libération d'Auschwitz ne parviendront aux Occidentaux que bien plus tard.

Les premiers témoignages sur la déportation sont publiés dans la presse française à la libération des camps par les armées alliées à partir d'avril 1945 (exception faite de L'Humanité qui dès septembre 1944 publie les photos de rescapés du camp de Maïdanek, en Pologne). La presse écrite est frileuse, hésitant à soumettre aux lecteurs ces terribles récits susceptibles d'affoler les faattente de nouvelles d'un parent dépomilles en rté. Ainsi lorsque le correspondant de guerre du Figaro, James de Coquet, envoie le récit de la libération du camp de Vaihingen en Allemagne, libéré le 7 avril 1945 par l'armée française, le directeur du journal Pierre Brisson prend la plume le 18 avril pour justifier son choix de publier ce «récit hallucinant». Il estime que par-delà les «angoisses» ressenties à la lecture du texte, il est du devoir des journalistes d' «enregistrer les faits, de les consigner, d'en fixer l'image et de le faire au moment même où l'imminence de la victoire prépare, dans un monde épuisé d'horreur, les voies de l'oubli».

Ce n'est pourtant pas le premier article de James de Coquet sur les camps: le 3 mars 1945 Le Figaro publiait déjà son récit de sa visite du camp de Natzweiler-Struthof, en Alsace, libéré en novembre 1944 par l'armée américaine. Il y décrivait alors en détail et sans avertissement les expérimentations médicales perpétrées sur les prisonniers dans le «camp des supplices».

Le 19 avril, c'est le témoignage d'un rescapé de Buchenwald que recueille Le Figaro. Julien Cain, ancien directeur de la Bibliothèque nationale, tout juste rapatrié à Paris raconte avec beaucoup de réserve sa vie au camp de concentration (ou est-ce édulcoré par le journaliste?) mais il affirme avec force que les camps n'étaient pas «autre chose qu'une organisation scientifique d'extermination». Phrase choc reprise en titre de l'article. Extermination de qui? Ce n'est jamais explicitement dit. Le Figaro dans les premiers mois de 1945 ne fait pas de différence entre les déportés et englobe les juifs dans l'ensemble des «déportés politiques».

Avis de recherche parus dans l'édition du 13 juillet 1945 du <i>Figaro.</i>

 Finalement, il y aura peu de récits sur les camps de concentration dans cet immédiat après-guerre. La capitulation de l'Allemagne, les tractations diplomatiques, la politique française, l'épuration, les procès suffisent à remplir les deux ou quatre pages qui constituent à ce moment-là Le Figaro (le papier est rare et coûte alors très cher). Ce qu'on peut lire en revanche tous les jours dans les colonnes du journal, ce sont les avis de recherche de déportés aussi bouleversants qu'un article: «Rech. Behar Eliakim Jacques, 49 ans, et ses garçons, Natho, 11 ans, David, 8 ans, arr. Drancy 16-10-42, dép. 3-11-42, dir. Prob. Birkenau. Ecr.: Alice Behar, 9 rue Georgette-Agutte (18e). Marc 05-72.”

Aller plus loin:

Usages de la photographie par les médias dans la construction de la mémoire de la Shoah, par Marie-Anne Matard Bonucci, Le Temps des médias 2005/2 (n° 5)

Le site La libération des camps et le retour des déportés par le Mémorial de la Shoah

Exposition Filmer la guerre, les Soviétiques face à la Shoah, Mémorial de la Shoah, du 9 janvier au 27 septembre 2015, 17, rue Geoffroy-l'Asnier 75004 Paris .

 

Source :  http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/01/27/26010-20150127ARTFIG00083-1945-le-figaro-decouvre-les-camps-de-concentration-nazis.php

 

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