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Conseil de sécurité: le partenariat de l’ONU avec l’OCI est un outil au service de la lutte contre l’idéologie extrémiste

À l’initiative du Sénégal, qui en préside les travaux pour le mois de novembre, le Conseil de sécurité a organisé une réunion afin d’étudier des idées et des mesures visant à renforcer encore le partenariat stratégique entre l’ONU et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) dans la lutte contre l’idéologie extrémiste.

Depuis sa création en 1969, l’OCI qui, forte de ses 57 États membres, constitue « la deuxième plus grande organisation intergouvernementale après l’ONU », a œuvré sans relâche à la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement à l’échelle mondiale, précise la note conceptuelle* qu’a fait circuler le Sénégal aux autres membres du Conseil.

Compte tenu du fait que plusieurs des conflits et foyers de tension dont s’occupe le Conseil de sécurité sont situés dans le monde musulman, le rôle de l’OCI devient crucial dans la promotion de la paix et de la sécurité internationales, explique le document.

Se félicitant de la « coordination bilatérale fructueuse » avec les Nations Unies, le Sous-Secrétaire général de l’OCI, M. Hameed A. Opeloyeru, a déclaré que la première étape dans la lutte contre la radicalisation et la prévention de l’extrémisme violent consistait à « priver de légitimité » les groupes terroristes auprès des gens qu’ils exploitent, en rejetant précisément les arguments grâce auxquels ils justifient leurs actes criminels.

L’OCI œuvre donc à discréditer les idéologies terroristes, en proposant des « contre-récits », comme celui qu’a préparé l’université al-Azhar, au Caire, pour tacler la propagande de Daech, s’est félicité le représentant du Royaume-Uni.  Plusieurs autres membres du Conseil ont salué ce genre d’initiatives, notamment la Malaisie, qui a rappelé que l’islamophobie, qui ouvre la voie à des réponses « irrationnelles », était une « contrevérité » qui sert les intérêts des terroristes.

La coopération entre l’ONU et l’OCI doit également être de mise pour lutter contre les causes profondes du terrorisme, telles que l’occupation étrangère, a plaidé, de son côté, le délégué de l’Égypte.  Il a également proposé le lancement d’une « campagne conjointe » contre la propagande des groupes terroristes, à laquelle seraient associées des personnalités jouissant de la confiance de la société civile.

Pour l’heure, les efforts concertés des deux organisations prennent plusieurs formes, le Sous-Secrétaire général relevant l’organisation d’ateliers avec la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT) sur les meilleurs moyens de mettre en œuvre les résolutions 1624 (2005) et 2178 (2014) du Conseil de sécurité.  M. Opeloyeru a également souligné le dialogue en cours avec l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme sur les moyens d’appliquer le Plan d’action du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention de l’extrémisme violent.

Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques de l’ONU, M. Miroslav Jenča, a fait état, pour sa part, des avancées réalisées dans le cadre du partenariat avec l’OCI dans plusieurs pays, en particulier l’Afghanistan, qui accueillera la prochaine conférence de cette organisation.  L’OCI a appuyé la mise en œuvre du Document de Doha au Darfour et le dialogue intermalien de 2014, et joué un rôle essentiel en République centrafricaine pour réduire les tensions afin d’organiser les élections en 2015, a-t-il assuré. 

« Comment faire fond sur les initiatives conjointes de l’ONU et de l’OCI? » s’est demandée la représentante des États-Unis.  Le meilleur moyen d’y parvenir, a-t-elle dit, serait de créer un poste de « coordonnateur de haut niveau pour la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies », qui s’exprimerait au nom de toutes les entités onusiennes pertinentes.  Ce coordonnateur pourrait compter, par exemple, sur le potentiel de l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme, a souligné Mme Sison, en demandant le soutien de tous les États Membres à une telle proposition.

Considérant la promotion du dialogue interreligieux et interculturel comme une priorité, M. Souleymane Bachir Diagne, professeur et Président du Département de français et de philologie romane à l’Université Columbia (New York), a insisté sur deux valeurs qui doivent constituer, selon lui, les pierres angulaires du « vivre ensemble »: le pluralisme et la conscience écologique, dont l’universalisation passe par un travail de sensibilisation et d’éducation.  Les religions, notamment l’islam, ont un rôle à jouer en ce domaine, a-t-il ajouté.

« L’OCI, porte-voix du monde musulman, demeure plus qu’interpellée par le fléau du terrorisme qui ternit l’image de notre noble religion, première victime de ces actes barbares très souvent commis en son nom », a déclaré, quant à lui, le représentant du Sénégal.  Convaincu que le « tout-sécuritaire » n’est plus une solution adéquate, il a estimé qu’oulémas, érudits et intellectuels ont un rôle à jouer dans le travail de « déconstruction idéologique » qui nécessite une interaction dynamique avec la jeunesse et toutes les « couches vulnérables » au discours de recrutement.

« Les recruteurs attirent les jeunes en jouant sur leur sentiment d’injustice et de marginalisation, en faisant appel à leur besoin d’argent et de reconnaissance et en leur promettant un idéal et une cause à défendre, là où ils ne rencontrent ensuite que tyrannie, barbarie et mort », a rappelé la représentante de la France.  C’est pourquoi, a-t-elle insisté, une coopération renforcée entre les Nations Unies et l’OCI pourrait contribuer à une meilleure compréhension des facteurs menant à la radicalisation violente.

 

Source : https://www.un.org/press/fr/2016/cs12590.doc.htm

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